En bref
- Mathieu Forget, aussi connu sous le nom de Forgetmat ou « The Flying Man », est un artiste français qui croise danse, photographie, performance et direction artistique.
- Son travail repose sur une image devenue sa signature : des corps saisis au moment précis où ils semblent échapper à la gravité.
- Son parcours professionnel relie l’exigence du sport, une formation artistique et entrepreneuriale aux États-Unis, puis une carrière développée entre scène, commandes visuelles et réseaux sociaux.
- En 2026, son livre Levitation – 10 ans dans les airs et une exposition au Musée de la Photographie Charles Nègre à Nice permettent de relire une décennie de réalisations.
| Repère | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Identité artistique | Mathieu Forget développe une esthétique de la suspension, où le saut devient une image construite et non un simple exploit physique. |
| Formation | Son parcours mêle pratique de la danse, études à Santa Barbara en costume et scénographie, ainsi qu’une formation en entrepreneuriat. |
| Moment clé | Une photographie prise en plein mouvement avec Zach Lipson transforme progressivement un exercice spontané en langage visuel identifiable. |
| Actualité | Le livre Levitation, paru en juin 2026, rassemble dix années de projets, de voyages et de collaborations. |
Mathieu Forget : biographie d’un artiste qui fait du mouvement son langage
Le portrait de Mathieu Forget ne se réduit pas à une image spectaculaire de corps suspendu dans l’air. Né le 31 octobre 1989 à Neuilly-sur-Seine, l’artiste a construit une identité plurielle : danseur, photographe, performeur, chorégraphe et directeur artistique. Sous le nom de Forgetmat, il est devenu identifiable par un motif visuel simple en apparence mais particulièrement exigeant : le moment où un corps quitte le sol, avant de devoir y revenir.
Cette obsession du mouvement prend racine dans une enfance traversée par le sport de haut niveau et les déplacements internationaux. Fils du tennisman Guy Forget, ancien numéro 4 mondial, Mathieu Forget grandit au rythme des tournois et des voyages. Jusqu’à ses 6 ans, il passe d’un pays à l’autre avec sa famille. Cette mobilité précoce nourrit son regard : les lieux ne sont pas seulement des décors, ils deviennent des espaces à habiter, à traverser et, dans ses images, à défier.
Le sport structure aussi son rapport au corps. Tennis, gymnastique puis danse composent un socle physique très concret. Chez lui, la grâce ne vient jamais effacer l’effort. Un saut photographié comme une apparition demande une impulsion maîtrisée, un placement précis, une conscience de l’axe du corps et une réception anticipée. L’image finale peut paraître légère ; sa fabrication relève d’une discipline proche de l’entraînement athlétique.
À 16 ans, il se tourne plus directement vers la danse hip-hop, nourri notamment par des références venues de la scène américaine. Ce choix constitue un déplacement important dans son parcours : plutôt que de prolonger une trajectoire sportive déjà familière, il cherche un terrain où la technique sert aussi un récit, une émotion et une présence. La danse lui apporte cette possibilité. Elle lui apprend qu’un geste peut être à la fois précis, narratif et immédiatement lisible.
Son profil se distingue par cette circulation permanente entre les disciplines. La photographie ne vient pas après la danse comme un simple second métier : elle en prolonge les questions. Comment conserver l’intensité d’un geste qui ne dure qu’une fraction de seconde ? Comment rendre visible ce qui échappe d’ordinaire à l’œil ? Dans les images de Mathieu Forget, la photographie devient une manière de fixer l’éphémère sans l’immobiliser totalement.
Une identité construite loin des étiquettes uniques
Le surnom de « Flying Man » a contribué à faire connaître Mathieu Forget, notamment sur les plateformes sociales. Mais il peut aussi masquer la densité de son travail. Derrière chaque scène de lévitation, il y a une direction artistique complète : choix du lieu, lumière, tenue, chorégraphie, point de vue, cadrage et parfois présence d’un invité dont le métier ou le corps apporte une histoire supplémentaire à l’image.
Cette méthode explique pourquoi ses photographies dépassent l’effet de surprise. Une image réalisée sur un court de tennis, dans un musée, sur le pont d’un navire ou au milieu d’un paysage minéral ne raconte pas exactement la même chose. Le corps flottant dialogue à chaque fois avec l’architecture, le patrimoine ou l’horizon. Il ne s’agit pas de plaquer une figure identique sur tous les décors, mais d’adapter le mouvement à ce que le lieu rend possible.
Ce positionnement rejoint celui de créateurs qui ne séparent pas radicalement pratique artistique et stratégie professionnelle. À ce titre, la lecture d’un portrait de Lily Stewart rappelle que les parcours créatifs contemporains avancent souvent par hybridation : une compétence centrale, plusieurs formats et une capacité à rendre son univers reconnaissable.
La biographie de Mathieu Forget montre donc moins une ascension linéaire qu’une construction progressive. Le sport donne la rigueur, la danse donne le vocabulaire du corps, la photographie donne le temps arrêté et l’entrepreneuriat donne les moyens d’organiser l’ensemble. Son succès repose sur ce montage, bien plus que sur la seule viralité d’une image.
Son fil directeur tient dans une idée claire : faire d’un effort réel une vision poétique, sans jamais dissimuler la précision nécessaire pour l’obtenir.
Le parcours professionnel de Mathieu Forget : de la danse à la photographie de lévitation
Le parcours professionnel de Mathieu Forget commence par le corps, mais il ne s’y enferme jamais. Après avoir exploré très tôt le tennis et la gymnastique, il choisit la danse comme espace d’expression principal. Ce déplacement n’a rien d’anecdotique : passer du sport compétitif à la scène suppose de transformer la recherche de performance en langage artistique. Il ne s’agit plus seulement d’exécuter correctement un mouvement, mais de lui donner une intention.
Son départ pour les États-Unis marque une étape structurante. À Santa Barbara, il suit une formation associant les arts visuels et l’approche professionnelle des projets. Les éléments disponibles évoquent un bachelor en costume de théâtre et scénographie, complété par une licence en entrepreneuriat. Cette double formation éclaire son travail ultérieur : les costumes, les volumes, les décors et la production ne sont pas pour lui des détails périphériques. Ils participent pleinement au récit visuel.
Dans un secteur où beaucoup de créateurs dépendent d’opportunités ponctuelles, cette culture de projet constitue un avantage concret. Mathieu Forget apprend à présenter une idée, à constituer une équipe, à cadrer une collaboration et à donner une cohérence à une série d’images. La dimension entrepreneuriale ne remplace pas l’art ; elle lui donne une organisation, une continuité et une capacité de diffusion.
Sa carrière de danseur connaît un moment particulièrement visible en 2019, lorsqu’il apparaît aux MTV Video Music Awards aux côtés de Taylor Swift. Cette expérience place son travail dans un environnement de grande scène, où la précision du mouvement est essentielle et où l’exposition médiatique est immédiate. Elle ne résume pourtant pas son identité. L’artiste ne s’installe pas dans le rôle du danseur accompagnant une célébrité : il poursuit, à côté, ses propres recherches visuelles.
La naissance du Levitation Project
La photographie devient un pivot à partir d’une image réalisée avec son ami photographe Zach Lipson. Mathieu Forget y est capturé en plein saut. Le cliché circule, rencontre un public sur les réseaux sociaux et ouvre une piste inattendue. Une deuxième image suit, puis une série. Ce qui relevait d’abord d’une expérimentation devient progressivement une signature esthétique : The Levitation Project.
Le principe paraît accessible : photographier une personne au sommet d’un saut. Dans les faits, l’exercice demande une mise en scène minutieuse. L’angle choisi doit effacer ou limiter les indices qui révèlent l’effort. Le corps doit garder une ligne expressive plutôt qu’une posture de simple détente sportive. La lumière doit rendre lisibles les volumes et ne pas aplatir la silhouette. Enfin, le lieu doit donner une raison à cette suspension.
Ce processus met en évidence une leçon utile pour tout parcours créatif : une idée forte ne devient pas une carrière parce qu’elle est originale une fois. Elle se consolide lorsqu’elle peut être répétée sans être reproduite à l’identique. Mathieu Forget décline le principe de lévitation dans des contextes très différents, en faisant varier les corps, les paysages, les architectures et les collaborations.
- Le mouvement apporte la tension et la crédibilité physique.
- Le lieu fournit un cadre narratif : musée, terrain, paysage ou bâtiment patrimonial.
- La photographie fixe l’instant où l’effort devient illusion.
- La diffusion numérique permet à la série d’atteindre un public international.
Cette évolution rend aussi son profil plus lisible auprès des marques, des institutions culturelles et des médias. Un artiste dont l’univers est identifiable peut mieux défendre ses conditions de collaboration et sélectionner des projets cohérents. La notoriété ne vaut pas seulement comme compteur d’abonnés ; elle devient un levier pour financer et produire des propositions plus ambitieuses.
Dans la carrière de Mathieu Forget, la photographie ne remplace pas la danse : elle lui offre un autre espace de scène, plus durable et plus largement partageable.
La formation et l’expérience de Mathieu Forget : une méthode derrière l’image aérienne
Le travail de Mathieu Forget est souvent associé à la spontanéité. Une silhouette semble flotter, un décor paraît soudain plus vaste, le spectateur perçoit une forme de liberté immédiate. Pourtant, l’expérience de l’artiste repose sur une méthode presque opposée à l’improvisation. Chaque photographie résulte d’une préparation qui associe entraînement physique, repérage, intention artistique et contraintes techniques.
Cette rigueur vient d’abord de son rapport au sport. Mathieu Forget explique avoir grandi dans une culture de l’effort où le corps se travaille quotidiennement. La discipline acquise ne concerne pas seulement la condition physique. Elle façonne aussi la capacité à répéter, à analyser un échec, à corriger un geste et à recommencer sans transformer chaque tentative ratée en verdict sur sa valeur. Pour un projet photographique basé sur le saut, cette disposition est décisive.
Le corps doit d’ailleurs répondre à plusieurs exigences en même temps. Il faut monter suffisamment haut pour que l’appareil saisisse l’impression de suspension, conserver une posture visuellement claire, exprimer quelque chose dans le visage ou la ligne des bras, puis réceptionner sans se blesser. L’image ne montre qu’un instant, mais cet instant contient toute une séquence de préparation invisible.
Sa formation en scénographie et costume explique également l’attention portée aux détails. Une tenue n’est pas seulement esthétique : elle peut souligner une ligne, créer un contraste avec l’environnement ou donner au saut une dimension théâtrale. De même, un décor prestigieux ne suffit pas. Il faut déterminer ce que le mouvement révèle du lieu et ce que le lieu révèle de la personne photographiée.
Du repérage à l’image finale : les étapes d’une réalisation
Pour comprendre le niveau de préparation, le cas de Victoria Dauberville est parlant. La danseuse, qui est aussi sa compagne, a été photographiée sur le bulbe d’un paquebot en Antarctique. L’image suggère une liberté absolue, alors qu’elle suppose un environnement exigeant, un voyage long et une coordination précise. La beauté de la photographie tient précisément à ce contraste : l’élégance du geste résiste à la rudesse du contexte.
Un projet de Mathieu Forget peut se lire selon une séquence très structurée :
- Définir l’idée : quelle histoire le mouvement doit-il raconter ?
- Choisir le site : la configuration du lieu doit servir l’image, pas seulement produire un arrière-plan prestigieux.
- Préparer le corps : répétitions, échauffement et adaptation du saut à l’espace disponible.
- Composer le cadre : lumière, vêtements, angle de prise de vue et place du sujet sont ajustés ensemble.
- Sélectionner l’instant : l’image retenue doit faire oublier l’effort tout en en conservant l’intensité.
Cette façon de travailler peut inspirer les personnes qui construisent un projet créatif, même sans pratiquer la danse. Le point important n’est pas de reproduire une esthétique de lévitation. Il consiste à identifier l’élément qui fait sa singularité, puis à créer un système de production adapté. Une idée devient plus solide lorsqu’elle peut être expliquée, planifiée et améliorée.
Le travail de Mathieu Forget révèle aussi une limite souvent ignorée dans les récits de réussite artistique : le corps n’est pas une ressource infinie. À 35 ans, il évoque déjà le vieillissement, la récupération et la nécessité de s’entraîner avant de monter sur scène. Cette lucidité donne de la profondeur à sa démarche. Préparer l’après ne revient pas à renoncer ; c’est reconnaître que la carrière peut évoluer vers la direction artistique, la photographie ou la transmission.
Sa méthode rappelle qu’une image spectaculaire n’est convaincante que lorsque la technique, le récit et la sécurité physique avancent dans la même direction.
Les réalisations de Mathieu Forget : athlètes, musées et projets visuels internationaux
Les réalisations de Mathieu Forget prennent de l’ampleur lorsqu’il déplace sa pratique vers d’autres corps que le sien. Au début de son projet, l’artiste apparaît souvent au centre de l’image. Avec le temps, il choisit davantage de mettre en lumière des athlètes, des danseurs, des anonymes ou des personnalités dont le rapport au mouvement enrichit son univers. Ce changement est important : la lévitation cesse d’être un autoportrait répété et devient un dispositif de rencontre.
L’année 2024 marque une étape notable à l’approche des Jeux olympiques de Paris. Mathieu Forget photographie alors des dizaines d’athlètes dans des institutions culturelles parisiennes, notamment au Petit Palais, au Musée d’Art moderne de Paris et au Musée d’Orsay. Le projet crée un dialogue entre deux mondes que l’on oppose souvent à tort : l’excellence sportive et la création artistique.
Le joueur de handball Nikola Karabatic, photographié au Musée d’Orsay, illustre cette rencontre. Placé dans un espace chargé d’histoire de l’art, l’athlète n’est pas traité comme un simple ambassadeur d’un événement sportif. Son corps, son équilibre, sa posture et son geste deviennent des matières visuelles. Mathieu Forget défend ainsi une idée cohérente avec toute sa carrière : les athlètes sont aussi des artistes du mouvement, parce qu’ils travaillent une expression à travers une maîtrise extrême du corps.
Cette série confirme son évolution. L’artiste n’a plus systématiquement besoin d’être celui qui saute. Son rôle se déplace vers l’observation, la direction et la composition. Pour une carrière longue, ce passage est stratégique : il permet de préserver le corps, d’ouvrir les collaborations et d’élargir le champ des récits possibles. Il témoigne aussi d’une maturité artistique, puisque l’idée centrale peut survivre à l’absence de son créateur dans le cadre.
Un artiste-entrepreneur à l’ère des plateformes
Les réseaux sociaux jouent un rôle réel dans sa visibilité. Les données associées à son profil évoquent une communauté proche de 1,5 million d’abonnés cumulés selon les plateformes et les périodes observées. Ce chiffre ne doit pas être compris comme une preuve automatique de qualité artistique ; il indique surtout la capacité de ses images à circuler au-delà des circuits traditionnels de l’exposition.
Pour Mathieu Forget, les plateformes semblent fonctionner comme une vitrine, mais aussi comme un laboratoire. Une photo peut toucher un public international en quelques heures, permettre de tester la lisibilité d’une idée et attirer l’attention de partenaires potentiels. En contrepartie, ce modèle impose une ligne claire : une audience se construit plus durablement quand l’univers proposé reste cohérent plutôt que lorsqu’il court après toutes les tendances.
Son approche offre un point de comparaison utile avec d’autres parcours de créateurs. Le portrait de Sophie Dagon montre lui aussi que l’identité professionnelle se construit par l’articulation entre expertise, réseau et projet personnel. Dans les deux cas, la visibilité compte, mais elle ne remplace ni la pratique ni la cohérence.
Mathieu Forget a également développé des collaborations dans la mode, la publicité, les institutions culturelles et les événements de marque. Cette diversité exige une vigilance : accepter des commandes sans dissoudre son univers. La cohérence visuelle de son travail lui permet justement d’éviter une dispersion totale. Un client ou une institution ne sollicite pas seulement un photographe ou un danseur, mais une grammaire d’images immédiatement reconnaissable.
À travers cette trajectoire, le mot succès prend un sens plus précis. Il ne désigne pas uniquement une audience ou une apparition médiatique. Il désigne la capacité à faire reconnaître une signature, à lui trouver des contextes d’expression variés et à transformer une compétence artistique en activité durable.
Le projet de Mathieu Forget gagne en force lorsqu’il fait du mouvement des autres un sujet autonome, plutôt qu’un simple prolongement de son propre personnage.
Mathieu Forget en 2026 : livre Levitation, exposition à Nice et avenir de sa carrière
En 2026, Mathieu Forget franchit une étape de bilan avec la publication de Levitation – 10 ans dans les airs. Ce livre photographique, paru en juin en français et en anglais, rassemble une décennie de recherches autour du mouvement, des voyages et des collaborations. Avec ses 272 pages, l’ouvrage ne se présente pas comme une simple compilation d’images populaires sur les réseaux sociaux : il propose une rétrospective construite, capable de montrer l’évolution d’un langage visuel au fil du temps.
Le livre est accompagné d’une préface de Sarah Andelman et d’une postface de Stéphane Tallon, directeur du Musée de la Photographie Charles Nègre à Nice. Des témoignages de personnalités telles que Tony Estanguet et Blanca Li y sont également annoncés. Cette présence de regards extérieurs situe le travail de Mathieu Forget à l’intersection de la photographie, de la danse, du sport et de la culture visuelle contemporaine.
Son prix, fixé à 75 euros pour l’édition standard et 100 euros pour une version dédicacée, place l’objet dans le champ du livre d’art. Cet élément mérite d’être lu avec nuance. Un livre de ce type finance non seulement l’impression et la fabrication, mais matérialise surtout une œuvre dans un format qui ne dépend pas d’un flux numérique. À l’inverse d’une publication qui disparaît dans un fil d’actualité, un ouvrage permet de construire un rythme, de rapprocher des séries et de donner une chronologie au travail.
Jusqu’au 27 septembre 2026, le Musée de la Photographie Charles Nègre présente à Nice une exposition consacrée à Mathieu Forget, avec une sélection de 80 photographies. Cette exposition donne une occasion concrète de voir comment les images fonctionnent hors écran. Dans un espace muséal, le spectateur peut observer les détails de tirage, les oppositions d’échelle, les correspondances entre œuvres et l’importance réelle des lieux photographiés.
Vieillir, transmettre et déplacer le centre de gravité
L’actualité éditoriale et muséale arrive à un moment où l’artiste parle plus ouvertement du temps qui passe. À 35 ans, il constate que le corps ne répond pas de la même façon sans entraînement. Ce constat n’a rien de dramatique : il révèle plutôt la manière dont un créateur peut anticiper les évolutions de sa pratique. Une carrière artistique ne se limite pas à conserver indéfiniment le même geste ; elle peut modifier son point d’appui.
Mathieu Forget affirme désormais préférer faire voler d’autres personnes. Des sumos au Japon, des danseurs, des athlètes ou des inconnus deviennent les protagonistes de ses séries. Ce mouvement vers l’autre ouvre des possibilités larges : davantage de récits, de morphologies, de cultures et de rapports au corps. Il permet aussi à l’artiste de développer sa fonction de directeur artistique, plus compatible avec une carrière qui s’inscrit dans la durée.
Un prochain projet évoqué en Namibie confirme cette logique d’exploration. Le désert n’est pas un décor neutre. Il oblige à repenser l’échelle, la lumière, la solitude et la place du corps dans un paysage immense. Après les musées, les scènes et les villes, cet horizon annonce une nouvelle phase où la lévitation pourrait dialoguer avec la matière brute et l’espace naturel.
Pour celles et ceux qui suivent son profil pour comprendre les mécanismes d’un parcours créatif, l’enseignement est moins spectaculaire qu’il n’y paraît. Mathieu Forget a bâti une signature en refusant de choisir entre plusieurs compétences. Il a relié la danse à la photo, l’entraînement à la direction artistique, la visibilité numérique au travail de fond. L’enjeu, aujourd’hui, est de faire évoluer cette signature sans la figer.
Le parcours de Mathieu Forget montre qu’une carrière créative durable ne consiste pas à répéter son premier geste marquant, mais à trouver de nouveaux corps, de nouveaux lieux et de nouvelles formes pour le prolonger.
Qui est Mathieu Forget ?
Mathieu Forget est un artiste français pluridisciplinaire, connu sous le nom de Forgetmat et le surnom de « The Flying Man ». Il travaille comme danseur, photographe, performeur, chorégraphe et directeur artistique.
Pourquoi Mathieu Forget est-il surnommé The Flying Man ?
Ce surnom vient de ses photographies de lévitation. Il saisit des corps, souvent le sien à l’origine, au point culminant d’un saut afin de créer l’illusion d’une suspension dans l’air.
Quelle est la formation de Mathieu Forget ?
Son parcours inclut la danse et des études à Santa Barbara, avec une formation liée au costume de théâtre et à la scénographie, complétée par une formation en entrepreneuriat.
Quel est le livre publié par Mathieu Forget en 2026 ?
Il publie en juin 2026 « Levitation – 10 ans dans les airs », un livre photographique de 272 pages consacré à une décennie de projets autour du mouvement, de la danse et de la photographie.
Où voir l’exposition Mathieu Forget en 2026 ?
Une exposition réunissant 80 photographies est présentée au Musée de la Photographie Charles Nègre, à Nice, jusqu’au 27 septembre 2026.